VIVRE VITE – PHILIPPE BESSON

LITTERATURE

 

« Rage, rébellion, espoir » 

 

Aussi célèbre soit-il, James Dean, symbole de la jeunesse éternelle, demeure insaisissable.
Vivre Vite, dernier roman choral tout en nuances de Philippe Besson, dresse, à travers la voix de ses proches, le portrait intime d’un garçon de l’Indiana, inconsolable et myope, turbulent mais d’une beauté irrésistible, qui s’est donné à tous, sans jamais appartenir à personne : un acteur incandescent devenu, en trois films et un accident de voiture, une icône intemporelle.
A 18 ans, James Dean se présente au concours d’art dramatique de l’état d’Indiana et remporte un prix. Il décide de poursuivre ses études et s’inscrit à l’Université de Californie, à Los Angeles, pour préparer une licence en droit. Mais il abandonne rapidement cette voie pour suivre des cours de théâtre dispensés par le comédien James Whitmore. Il s’inscrit ensuite à l’Actor Studio, et, au début des années 50, démarre sa carrière en tenant des petits rôles dans des séries télévisées. Le grand public le découvre en 1955 dans A L’Est D’Eden d’Elia Kazan. La même année, il tourne également La Fureur De Vivre de Nicholas Ray et Géant de George Stevens. Alors que ces deux films ne sont pas encore sortis sur en salles, il se tue au volant de sa Porsche. Il est en effet l’une des cinq personnes à avoir été nominée pour l’Oscar du Meilleur Acteur pour son premier grand rôle, et le seul à avoir été nominé deux fois après sa mort.

Pour le retenir encore un peu, on en a fait une légende. Il disposait de cette même féminité brutale si caractéristique de Marlon Brando et de lui semblait se dégager le genre de choses que les mots ne peuvent exprimer. Une douloureuse conscience solitaire… Parce qu’il mourut si jeune, à l’âge de 24 (en 1955), il n’a jamais appartenu à personne. Pourtant l’imaginaire féminin s’en est immédiatement emparé. « Jimmy » représentera également un formidable avertissement à destination de l’Amérique puritaine des 50’s : sachez que votre progéniture peut désormais finir comme lui, en héro et d’après sa devise :  » Vivre vite, mourir jeune et faire un beau cadavre ».

Par ailleurs,  et même à titre posthume, le «rebelle sans cause» n’a définitivement pas fini de faire parler de lui, puisque le tournage de son biopic dirigé par le réalisateur et photographe Anton Corbijn, intulé « Life », à démarré en 2014 (sortie en 2015). Cette fois-ci on se concentrera sur sa relation avec le photographe Dennis Stock, et non sur sa vie en tant qu’acteur, comme l’avait fait le précédent biopic de 2001 « Il était une fois James Dean », avec James Franco. Ici, James Dean et Dennis Stock voyagent à travers le pays afin de réaliser des documentaires-photo pour le magazine Life. Toute sa vie a tenu en ces quelques mois… A suivre.

Art-icle expiré par Barbara pour Moodsto©k


Philippe Besson

Depuis Son frère, publié en 2001 et adapté dans la foulée par le réalisateur Patrice Chéreau, Philippe Besson, auteur entre autres de L’Arrière-saison et de La trahison de Thomas Spencer, est devenu un des auteurs incontournables de sa génération. Il a par ailleurs écrit le scénario de Mourir d’aimer (2009), interprété par Muriel Robin, de La Mauvaise rencontre (2010) avec Jeanne Moreau et du Livre de Paul, le prochain film de Laure Duthilleul. Depuis la rentrée 2010, il anime l’émission Paris Dernière sur la chaîne câblée Paris Première. En janvier 2010, il a publié Retour parmi les hommes, la suite de son premier roman, En l’absence des hommes.
Editions Julliard

 

 

BONUS
- Documentaire complet : « The James Dean Story » (Robert Altman – 1957) : watch
- Documentaire complet : « James Dean : le dernier géant »  : watch 

 

jamesdean5

 

******

Morceaux choisis :

 

Mildred Dean (mère) – « Je suis morte le 14 juillet 1940. Jimmy avait neuf ans. Les mères devraient s’efforcer de ne pas mourir quand leurs enfants sont si jeunes ».

James Dean – « Pas de méprise : je n’ai pas particulièrement envie de voir ma tête sur des affiches, je ne rêve pas de gloire. Non. Simplement, je ressens des vibrations dès que j’enfile le costume d’un autre, et que j’invente un mensonge en espérant qu’on va me croire. C’est dans les moments où je joue que je suis au plus près de la personne que je veux être ».

Elizabeth McPherson (professeur au lycée de Fairmount)« Il était déjà insomniaque et, comme beaucoup d’insomniaques, il lui arrivait de s’endormir n’importe où, sans prévenir, ayant sans doute accumulé trop de fatigue. Ceux qui n’ont pas vu Jimmy dans le sommeil n’ont pas idée de ce qu’est la grâce pur » (…) Il y a des êtres qui sont tout bonnement fait pour la lumière »

Rogers Brackett (publicitaire)  « C’est assez simple, en somme : à l’instant exact où je l’ai repéré, j’ai eu envie de coucher avec lui. Il dégageait quelque chose de profondément sexuel. C’était dans son allure, dans le balancement de ses hanches, comme une provocation innocente. Mais il n’était pas innocent. Pas du tout ».

Tennessee Williams (dramaturge)« C’était chez lui, à l’évidence, une question d’instinct. Il savait comment il devait s’y prendre. Il n’aurait sans doute pas été capable de l’expliquer mais il jouait juste et puissant, comme si ça venait des fibres ».

Leonard Rosenman (compositeur) « Je crois que sa vraie vie, sa vie intérieure, était de ce côté-là, celui de l’art et des hommes ».

Elia Kazan (Réalisateur) « Sauf que voilà, Dean était incroyablement talentueux. Quand il décidait de murmurer ou de marmonner son dialogue au lieu de le dire à intelligible voix, c’était une trouvaille de génie. Quand il changeait une réplique alors que la caméra avait déjà commencé à tourner, la plupart du temps il avait raison. Quand il sombrait dans la violence pure, ses partenaires étaient abasourdis et déroutés, mais derrière la caméra, ça donnait des scènes d’anthologie ».

Marlon Brando (acteur) – « En tout cas, ça m’a plu d’apprendre que le petit foutait le bordel sur un plateau. Au moins, il avait du caractère. Et puis il avait l’air de savoir ce qu’il voulait. Plus tard, je suis allé voir ses films et là, j’ai compris. Compris que c’était un putain de génie. Et les génis ont le droit de faire chier le monde ».

Dennis Stock (photographe)« Je lui dois ma renommée. Je lui dois surtout les mois les plus intenses de ma longue existence (…) Ses lunettes mangeaient son visage, ses traits étaient un peu grossiers, son regard noirci par les cernes, et cependant il irradiait dès qu’il se mettait à sourire, il inquiétait dès qu’il se refermait, il séduisait dès qu’il vous fixait »
« En février, nous sommes donc partis pour Fairmount. J’ignorais qu’il y effectuait, avec moi son dernier séjour. Jimmy, lui aussi, l’ignorait, bien entendu. Pourtant, avec le recul, je ne peux pas m’empêcher de m’interroger sur le sens de ce pèlerinage en enfance, alors que ses jours étaient comptés. Après sa mort, j’ai cessé de croire aux coïncidences ».

Nicholas Ray (producteur) –  » Je tenais absolument à engager Jimmy. J’étais sûr qu’il saurait symboliser ces êtres qui se perdent avant même de s’être trouvés. D’emblée, j’ai choisis d’associer Jimmy à mon travail de réalisateur. Certains metteurs en scène exigent de conserver la totalité du pouvoir, persuadés d’être les seuls à tout comprendre.Et puis Jimmy n’était pas juste un acteur pour moi, il était l’esprit du film, il e portait la tension, cette tension devait absolument s’exprimer ».

*****