POUR UNE ECONOMIE PLUS HUMAINE – Muhammad Yunus

 

LITTERATURE / SOCIETE

 

« Chaque être humain est né avec tout ce qu’il faut pour prendre soin de lui même, mais aussi pour contribuer au bien-être du monde. Certains ont la possibilité de découvrir leur potentiel. D’autres n’auront jamais la chance de développer leurs capacités. Ils meurent sans les avoir exploités et le monde est privé de leur concours » – M. Yunus

 

Réhabiliter le pouvoir du rêve
Les soixante dernières années ont été marquées par l’avancée triomphale du capitalisme. De nombreux pays ont vu leur économie croître de façon inédite et des millions d’individus sont devenus extrêmement riches. Mais le capitalisme traditionnel exige des profits toujours plus importants et incite les gens intelligents à mettre leur créativité au service de cet impératif. Sous sa forme actuelle, il est désormais indiscutable que le capitalisme a gravement manqué à sa responsabilité sociale.

Manuel pratique et à la fois récit du chemin personnel de Muhammad Yunus (Prix Nobel de la Paix en 2006) – une aventure humaine hors du commun – cet ouvrage se présente comme une formidable notice pour la création d’une nouvelle forme de capitalisme et d’un nouveau type d’entreprise fondé sur l’altruisme des individus : le social-business. Un modèle économique généreux et responsable qui s’attache prioritairement à résoudre les problèmes sociaux, économiques et environnementaux dont l’humanité souffre depuis longtemps : la faim, la privation de logement, la maladie, la pollution, l’ignorance. Parce que nous vivons une époque passionnante, il était grand temps de développer une réflexion audacieuse et créative pour mettre en œuvre ce que la compassion humaine exige…

Lors des prochaines années, l’émergence de puissantes entreprises multinationales ayant adopté la forme du social-business pourrait multiplier les bénéfices que la mondialisation procure aux individus et aux pays pauvres. Le social-business permettra aux pauvres d’accéder à la propriété et de conserver les profits qu’ils dégagent, car le problème n’est pas le manque de ressources :  c’est l’incapacité de notre système économique à mettre ces ressources à la disposition de ceux qui en ont le plus besoin. Le social-business peut réussir là où le système ancien a échoué.

Construire le social-business : une porte qui s’ouvre sur un nouveau monde
Comment devenir un élément de la solution plutôt que l’une des causes du problème ? En développant sa capacité à innover et en se souciant profondément du bien-être de la société, croire en la capacité de la compassion qu’éprouvent les êtres humains les uns pour les autres à produire des comportements moraux dignes. Faire d’un concept une réalité.
Commencez par quelque chose qui vous passionne : le but du social business est de résoudre des problèmes qui touchent le monde réel et d’aider les êtres humains pour une vie meilleure. Mais qu’en est-t-il si vous travaillez dans un domaine qui n’a pas de lien évident avec les problèmes sociaux dont souffre le monde ? Vous est-il possible de mettre vos talents au service des défis que l’humanité doit relever ? La réponse est oui. Le travail de Muhammad Yunus avec les entreprises du groupe Grameen a démontré que la culture contribuait au bonheur des individus. Les barrières culturelles entravent souvent le progrès social, alors que les forces culturelles positives peuvent être utilisées pour faciliter le changement. Tous les espoirs sont donc permis…

Dear World

La prochaine étape : un marché boursier social
L’apparition d’un marché boursier parallèle dédié au social-business semble inéluctable : il permettra de lever des fonds pour les social-business et de faciliter les échanges d’actions émises par ces entreprises. Le prix d’une action de social-business reflétera ainsi la perception qu’a le marché de l’efficacité de l’entreprise émettrice. Si un social-business réussit à exercer un impact social significatif, le prix de son action augmentera. Les investisseurs seront fiers de leur entreprise et l’action bénéficiera d’une surcote. Les spéculateurs désireux de dégager plus d’argent pour financer leur prochain projet de social-business commenceront à s’agiter. L’entreprise pourra développer ses activités et de nouvelles entreprises seront incitées à entrer sur ce marché.
L’existence d’un marché boursier social offrira ainsi aux social-business et aux investisseurs des indicateurs de la capacité des entreprises à réaliser leurs objectifs sociaux –indicateurs qui n’existent pas dans l’univers actuel des organismes à but non lucratif ou des organismes caritatifs.
« Pour une économie plus humaine – construire le social-business », une réflexion sur une nouvelle forme de capitalisme au profit de tous et une « boussole » indispensable pour démarrer des entreprises de social-business. Un bien précieux à faire passer entre toutes les mains…

Bonus : A beggar’s loan (reportage)

 

 Art-icle expiré par Barbara pour Moodsto©k

www.livredepoche.com
www.muhammadyunus.org
www.grameen-info.org

Morceaux choisis :

« Grameen m’a donné une foi inébranlable en la créativité des êtres humains ainsi que la ferme conviction que les hommes ne sont pas nés pour souffrir de la faim et de la pauvreté. La pauvreté est une contrainte imposée aux individus. Comme elle leur est extérieure, ils peuvent en être libérés »

« Des individus intelligents, talentueux et inventifs se montrent généralement plus innovants que les pouvoirs publics. Et ils le font sans imposer de contrainte économique à quiconque »

« Le social-business est une manière d’exprimer sa créativité tout en changeant le monde. L’idée initiale vient de la compassion que vous inspirent les autres êtres humains »

« Nous sommes par bonheur entrés dans un âge où les rêves ont les meilleures chances de se réaliser – une époque où le monde est mûr pour les changements extraordinaires que le social-business peut produire (…) Choisissons de croire en nos rêves et efforçons-nous de rendre possible ce qui paraît impossible (…) La vie m’a enseigné que tout individu dispose d’un énorme potentiel de création et d’entrepreneuriat »

« Grâce au social-business, vous verrez des choses dont vous ignoriez l’existence. Alors que vous étiez un être robotisé mû par la recherche du profit, vous deviendrez progressivement une personne multidimensionnelle »

« Beaucoup d’entrepreneurs affirment que le jour le plus important de leur vie a été celui où ils ont renoncé à leur ancien métier pour se consacrer pleinement au nouveau. Le désir de contribuer à rendre le monde meilleur et à améliorer la vie d’autres individus est aussi présent dans la nature humaine que la volonté de faire du profit »

« J’explique souvent qu’il est au moins aussi satisfaisant d’avoir un impact sur la vie des gens que de gagner de l’argent. Essayez. Vous pourriez être fasciné par votre capacité à changer le monde. Vous voudrez en faire toujours plus. Vous vous réveillerez la nuit et réfléchirez à tout ce que vous voudrez essayer de faire dès le matin. Le créateur d’un social-business est tout aussi obsédé par le succès que l’entrepreneur cherchant à maximiser le profit. Seul diffère la définition du succès »

« Si des individus meurent à cause de la pollution de l’eau, s’ils développent des maladies liées à la contamination par l’arsenic ou si leur état de santé les condamne à rester pauvres, la recherche du profit n’aura plus d’avenir. Si le social-business peut répondre à ces problèmes, cela améliorera les perspectives des entreprises traditionnelles »

« Mais comme le savent les sages, une grave crise offre de grandes opportunités. Le monde ne s’intéresse malheureusement pas à cet aspect de la crise (…) La crise actuelle nous a rappelé que tous les habitants de la planète sont interdépendants. Le destin de Lehman Brothers et celui des femmes pauvres travaillant dans une fabrique de vêtements au Bangladesh sont liés »

« Si vous me demandiez qui a les meilleures chances de s’approcher de la réalité de 2030, je choisirai sans la moindre hésitation les écrivains de science-fiction. Mon choix s’explique très simplement. Les experts ont l’habitude de faire des prévisions à partir du passé et du présent, mais le monde réel est façonné par les rêves des gens »

« Si vous voulez partager ce rêve avec moi, et si vous êtes prêt à apprendre comment des gens du monde entier ont déjà commencé à transformer le rêve du social-business en réalité, engageons-nous ensemble sur ce chemin »

 

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