MATA HARI, SA VERITABLE HISTOIRE

LITTERATURE

 

 

« La vie vécue est peu de chose, mais la vie qu’on a rêvée, voilà l’important,
parce qu’elle continuera après notre mort »

– Chanel

 

Matha Hari est un mythe, mais que savons-nous vraiment d’elle ?
C’est un nom indonésien qui signifie « Fille de l’Aurore ». Il est devenu célèbre entre 1905 et 1917 et une référence en matière d’aventures plus ou moins vraies. Car derrière son « nom d’artiste », Margaretha Geertrude Zelle est une hollandaise née à Leewarden, le 7 août 1876, dans une famille de petits bourgeois.
A dix huit ans, ayant épousé un officier rencontré pour une aventure, par petite annonce, elle devient Mme Mac Leod et le suit en garnison coloniale en Indonésie où elle s’initie aux danses sacrées et emprunte ce qui sera son nom de scène et de salon, car elle divorce et rentre en Europe. Vivotant, la brune et grassouillette Mata-Hari finit par présenter un numéro qui tient davantage du strip-tease exotique que de la danse. Dans l’ambiance fascinante du Musée Guimet, apparaissant presque nue, elle trouble le Tout-Paris noceur et mondain, avec une prédilection pour les diplomates et les officiers. Nous sommes à Paris en 1904. La capitale française est alors le centre du monde, du monde économique, et donc du monde artistique, tant il est vrai que si l’art et l’argent n’ont jamais fait bon ménage, ils ne peuvent pas se passer longtemps l’un de l’autre…
Princesse, putain, créatrice, amoureuse, aventurière… Mata était tout cela, mais bien plus encore… Un imaginaire personnel qui répond à l’imaginaire collectif. Egérie de la Belle Epoque, cocotte et danseuse adulée, elle créa un style chorégraphique, une pseudo danse orientale qu’elle voulait sacrée, leva le tabou du nu, première femme moderne dans une société puritaine encore ancrée dans le XIX siècle. Plus que jamais Mata est celle qui apporte l’Orient véritable à l’Occident non initié…
Préparez-vous à faire la connaissance d’une femme extraordinaire. Une femme qui va plus d’une fois vous étonner, une femme si lointaine et si proche que vous comprendrez pourquoi elle continue toujours d’intriguer et de passionner.

Mata hari Slider

En un mot, Mata Hari c’était la femme, la femme parfumée de toutes les jouissances et de tous les dangers. Autant de mensonges, autant de sincérités que Mata s’est appliquée à soigneusement distiller pour fasciner l’admirateur, éloigner l’indiscret et toujours se recréer. L’intelligence ne pouvant jamais être tout à fait vulgaire, Margareth s’ouvrit toutes les portes de l’intelligentsia, devenant la femme aux cents vérités, parfois difficile à suivre dans ses différentes et touchantes sincérités…
Curieusement la vie de Mata semble toujours suivre un double mouvement.
Devenue une vedette, elle voyage beaucoup et se fixe à Berlin. C’est sans doute là qu’elle est approchée et recrutée par les services secrets allemands. Une correspondante idéale : elle est connue, passe d’un train et d’un amant à l’autre, son intelligence se mue en génie. Savez-vous qu’elle a été arrêtée alors qu’elle espionnait pour les Français ?
Fondé sur les documents les plus récents, il donne enfin une vision globale de Mata, de sa vie, de sa personnalité. Ajoutons qu’étant le petits-fils de Pierre Bouchardon, l’homme qui instruisit le procès de Mata, l’auteur de cet ouvrage, Philippe Collas a eu accès à des éléments familiaux, à des archives encore secrètes, à des éclairages jusque-là passés sous silence. Une époque que l’on a tendance à vouloir juger avec des yeux d’aujourd’hui au risque de déformer la vérité.

Construit comme une enquête policière, ce livre suit à la trace celle que l’on peut considérer à juste titre comme la première femme du XXè siècle jugée et exécutée par des hommes du XIXè siècle, défendant les valeurs puritaines qu’elle avait toujours combattues.
Pourtant, comme c’est presque toujours le cas, l’imaginaire est venu masquer la réalité de celle dont la vie égale en intensité celle de bien des héroïnes de fiction.
L’Orient Express est une de ses résidences secondaires. Dès le début de la Grande Guerre, elle est surveillée par les services français qui la soupçonnent de trahison. Son numéro de code, le matricule H21, est démasqué par un astucieux officier français du Chiffre. C’est devant l’Elysées-Palace, sur les Champs-Elysées, que se déroule son arrestation, le 13 février 1917, après une filature commencée à Madrid. On sait aujourd’hui que son dossier d’espionne était aussi mince que son talent. Néanmoins, l’année 1917 étant celle des mutineries, elle est condamnée pour l’exemple et fusillée le 15 octobre au poteau d’exécution de La Caponnière, à Vincennes. La femme abandonnée de tous, tombée sous les balles française garde néanmoins son aura et cet étrange pouvoir d’envoutement qui fait d’elle un personnage mythique de notre imaginaire.
Mata inconsciente, Mata héroïque, Mata cynique, Mata intelligente, Mata sans pitié, Mata si fragile. Pour les personnages plus grands que la vie, justice et vérité ne font pas bon ménage. Légalement coupable, légitimement innocente…

Art-icle expiré par Barbara pour Moodsto©k

A lire : « Mata Hari, sa véritable histoire » – Philippe Collas (Editions Plon)