MANGE, PRIE, AIME – ELIZABETH GILBERT

LITTERATURE 

 

 « Chercher Dieu, c’est aller à l’encontre de l’ordre normal, trivial, matériel.
C’est tourner le dos à ce qui nous attire, pour nager vers ce qui est difficile »

 

A trente et un an, Elizabeth Gilbert possède tout ce qu’une femme peut souhaiter : un mari dévoué, une belle maison, une carrière prometteuse. Pourtant, elle est rongée par l’angoisse et le doute. Un divorce, une dépression et une liaison désastreuse la laissent encore plus désemparée. Elle décide alors de tout plaquer pour partir seule sillonner le monde !
En Italie, elle goûte aux délices de la Dolce Vita et prend les « douze kilos les plus heureux de sa vie »; en Inde, ashram et rigueur ascétique l’aident à discipliner son esprit et, en Indonésie, elle cherche à réconcilier son corps et son âme pour trouver cet équilibre qu’on appelle le bonheur…
Qui n’a jamais rêvé de changer de vie ?

Le bonheur est la conséquence d’un effort personnel. La physique de la quête…On se bat, on lutte pour, on insiste et quelque fois même on parcourt le monde à sa recherche. Il faut adhérer entièrement aux manifestations de nos propres bénédictions. Et une fois que l’on a atteint un premier stade de bonheur, il ne faut jamais baisser la garde pour le maintenir. Il faut s’accrocher puissamment pour « nager » éternellement dans ce bonheur, pour garder la tête à la surface.
Quelque fois perdre son équilibre pour l’amour est un élément pour vivre une vie équilibrée…

Art-icle expiré par Barbara pour Moodsto©k

 

Morceaux choisis

« Parce que Dieu ne vous claque jamais une porte au nez sans ouvrir une fenêtre, dans l’ombre de tout ce chagrin, il m’est tout de même arrivé quelques choses merveilleuses (…) Ce n’était pas le moment de courir la prétrentaine, mais plutôt de chercher cette guérison et cette paix que seule la solitude peut apporter »

« Parfois, j’ai l’impression de comprendre la nature divine de ce monde, mais ensuite, elle m’échappe parce que je me laisse distraire par mes désirs et par mes craintes insignifiantes. Je veux être avec Dieu tout le temps. Mais je ne veux pas devenir religieuse, ni renoncer entièrement aux plaisirs de ce monde. Je veux apprendre, je crois, à vivre dans ce monde en jouissant de ses délices, mais également en me consacrant à Dieu »

« Mon projet n’était pas d’explorer ces pays par le menu – cela a déjà été fait – mais une facette précise de ma personnalité posée sur la toile de fond de chacun de ces pays, réputés pour exceller depuis toujours dans un des domaines suivants : je voulais explorer l’art du plaisir en Italie, l’art de la dévotion en Inde, et en Indonésie, l’art d’équilibrer les deux »

« Tous ces pays portaient un nom commençant par la lettre I, qui signifie « je » en anglais. N’étais-ce pas de sacrément bon augure pour un voyage consacré à la découvert de soi ? (…) Je ressentais les premiers symptômes de contentement (…) Jamais depuis ce jour je n’ai éprouvé un tel appétit de compréhension »

« Je suis en train de choisir le bonheur contre la souffrance. Je fais de la place pour que l’avenir et son cortège d’inconnues remplissent ma vie avec de nouvelles surprises »

« Linda est l’heureuse propriétaire de l’une des psychés les plus indemnes qui soient au monde, elle est hermétique à la dépression et dotée d’une estime de soi qui n’a jamais envisagé d’être autre chose que haute »

« Par conséquent, comme l’écrivait Saint Augustin d’une façon assez yogique, tout notre travail dans cette vie est de guérir l’œil du cœur au moyen duquel on peut voir Dieu »

« J’ai entendu dire que la prière est l’acte de parler à Dieu, tandis que la méditation est celui de l’écouter »

« Exactement comme il y a dans l’écriture une vérité littérale et une vérité poétique, il y a dans l’être humain, une anatomie littérale et un anatomie poétique. L’une est visible ; l’autre ne l’est pas. L’une est constituée d’os, de dents et de chair ; l’autre, d’énergie, de mémoire et de foi »

« Cette recherche effrénée, tous azimuts du contentement que je mène depuis tant d’années, toutes ces acquisitions, tous ces accomplissements, ça finit par décharger vos batteries. La vie, quand on s’acharne à la poursuivre, conduit à la mort. Et le temps, s’il se sent pourchassé comme un bandit, se comportera comme tel »

« La destinée, je le sens, est également une relation – qui se joue entre la grâce, divine et l’effort que nous consentons par volonté. Cette relation échappe pour moitié à notre contrôle ; l’autre moitié est entièrement entre nos mains, et nos actions montreront une conséquence mesurable »

« La culpabilité, c’est la façon qu’a votre égo de vous piéger, pour vous faire croire que vous progressez moralement »

« Etendue là, à bonne hauteur au-dessus du monde, j’étais entièrement seule (…) Quand le passé t’a enfin dépassé, lâche prise »

« Ce que j’observe chez certains de mes amis, cependant, tandis qu’ils avancent en âge, c’est le désir très fort de croire en quelque chose. Mais ce désir est corrodé par quantité d’obstacles – leur intelligence et leur bon sens inclus »

« Je me suis assise dans la paume de Dieu, l’espace de quelques instants inoubliables en Inde »

« A Bali, la beauté est une vertu, pour les hommes autant que pour les femmes. La beauté est gage de sécurité. La beauté est révérée. On apprend aux enfants à aborder les épreuves et les inconforts de la vie avec « un visage radieux », un immense sourire »

« Mais cela dit, finalement, peut-être faut-il renoncer à vouloir rendre pareille à tous ceux qui dans le monde nous aident à vivre. Finalement, peut-être est-il plus sage de s’incliner devant l’étendue miraculeuse de la générosité humaine et dire et redire simplement « merci », du fond du cœur, aussi longtemps que nous avons la voix pour le dire »