LOVE MEAT TENDER – Manu Coeman

PURE SELF

 

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La viande, un sujet au cœur de nombreux débats, sans doute parce qu’elle n’est pas un produit comme les autres : pour ce qu’elle suscite en chacun de nous, pour les difficultés que connaissent aujourd’hui les agriculteurs, pour les images qu’elle renvoie sur la condition animale, pour les impacts de sa production sur l’environnement, la santé humaine et les paysans du Sud, pour le vaste système socio-économique auquel elle participe… En 2050, nous serons environ 9 milliards d’individus sur la Terre, pour lesquels  il faudra quelques 36 milliards d’animaux d’élevage. Peut-on continuer à penser que l’on pourra nourrir chaque habitant en lui donnant de la viande tous les jours ?
«Love Meat Tender » (2011) est le fruit du travail scénaristique d’Yvan Beck, vétérinaire et Président de l’Association Planète-Vie, et des visions originales du réalisateur Manu Coeman et du scénariste Serge Elleinstein. Un brillant documentaire d’un genre nouveau, à la grammaire visuelle explosive et doté d’un impact pédagogique implacable. Ce documentaire établit la différence entre production industrielle et élevage en posant un regard humaniste et éthique sur ces deux modes de production, plaçant le consommateur au centre de ce que ses choix de vie impliquent. Véritable initiation à une nouvelle responsabilité individuelle susceptible de guider les choix de consommation. Une ballade musicale entrainante, doublée d’un sens de l’humour et de la dérision qui exaltent la vie au coeur de nos assiettes.

Dans les années 50, les exploitations fonctionnaient de manière autonome, économe et sur la base de la rotation des cultures. Les années 60 ont marqué l’avènement de la production industrielle basée sur la sélection génétique des animaux, la réduction des espaces d’élevage, la généralisation du hors sol et la modification de l’alimentation du bétail (mais et soja). A l’heure actuelle, les élevages industriels fournissent 74% de la volaille, 50 % du porc, 43% du bœuf et 68% des œufs consommés dans le monde.
Pourtant la viande industrielle trônant dans les rayons des grandes surfaces affiche un prix «bon marché» qui ne reflète pourtant pas son coût réel. En effet, ce prix ne tient pas compte d’éléments importants auxquels la société doit faire face, tels que le coût des problèmes environnementaux (pollutions) et sanitaires (épidémies et maladies animales, conséquences sur la santé humaine…) engendrés par la production intensive de viande. De plus, dans les pays du Nord, le secteur agricole reçoit des primes et des subventions, comme c’est le cas avec la PAC (Politique Agricole Commune) et l’Union Européenne. En fournissant des aides, les Etats subventionnent une partie du coût réel de la viande… La différence, nous la payons donc sans le savoir en impôts et taxes. Bien que l’Union Européenne ait fait du bien-être de l’animal sa priorité, pour la plupart des défenseurs de la cause animale, ces normes légitiment davantage les pratiques de production industrielles, plutôt que d’encourager la réflexion de fond.

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Enfin, 80% de l’alimentation animale provient de cultures qui auraient pu être destinées à l’alimentation humaine, dans les pays du Sud notamment. Un constat frappant à l’heure où une personne sur six souffre encore de la faim dans le monde… Une situation qui va à l’encontre de la «souveraineté alimentaire », le droit des peuples à définir leur propre politique agricole et alimentaire.

Comment revaloriser les structures d’élevage qui tentent de conserver ce lien indissociable entre l’homme, l’animal et la terre ?
Il ne s’agit pas ici de bannir la viande, ni de prôner le végétarisme à tous crins ou encore moins de pointer du doigt les éleveurs. L’idée est plutôt, grâce à une approche pluridisciplinaire, de s’interroger sur les dérives et de creuser les alternatives possibles, individuellement et collectivement. Et pourquoi pas, parvenir à faire basculer en douceur le rapport de force entre lobbying et… conscience.

www.manucoeman.com
www.at-production.com

(Film bientôt disponible en VOD)

Art-icle expiré par Barbara pour Moodsto©k 

Bonus 

– Téléchargez le dossier pédagogique de LMT

 

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«En Inde, quelqu’un m’a dit un jour que les gens qui ne mangent pas de viande doivent compenser avec des plats épicés pour avoir suffisamment de «cran» dans la vie pour dire « non »… En effet, en mangeant de la viande, on absorberait toute la rage (colère) de l’animal, ce qui aurait tendance à nous rendre plus agressif /irritable à notre tour. J’ai trouvé cette réflexion aussi intéressante que pertinente. Pour ma part, j’ai « oublié » de manger de la viande depuis plus d’un an, une vraie galère d’arriver à se mettre en colère désormais… -:)»

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« The healing power of children »