LES RELIGIONS MEURTRIERES – ELIE BARNAVI

LITTERATURE / POLITIQUE

 

 

« La raison profonde d’une guerre de religion n’est pas le territoire, ni l’argent, ni la forme du pouvoir. C’est la religion »
- E. Barnavi

 

Un spectre hante le monde : le terrorisme à fondement religieux, surtout islamique. Cet essai tente d’expliquer les ressorts de ce phénomène religieux, mais aussi politique, qui est sans nul doute le plus angoissant de notre temps.
En exposant une série de « thèses » brèves et fortement argumentées, Elie Barnavi situe ce phénomène dans le contexte historique et culturel de la religion politique en général. Il explique pourquoi la tentation fondamentaliste révolutionnaire est, aujourd’hui, plus forte dans l’islam que dans d’autres systèmes religieux tout aussi politiques que lui; mais il n’en reste pas là : il cherche avant tout à définir les moyens de combattre cette tentation.

« Religion, est un mot valise. Eh oui, qui, mieux que lui, saurait aujourd’hui drainer des foules pareilles, dresser de telles murailles, attiser de telles passions, transformer des femmes en fantômes et des jeunes gens en torches vivantes ? Dieu ? C’est une façon de parler. Car de Dieu, on ne sait rien… »

Rédigé dans une langue simple et illustré par des exemples concrets, ce livre est le vade mecum du citoyen déboussolé de nos molles démocraties face au pire ennemi auquel il ait désormais à se mesurer…
Des lectures qui donnent à penser, à débattre…

Découvrir l’auteur…

Elie Barnavi, professeur d’histoire de l’Occident moderne à l’université de Tel-Aviv, a été ambassadeur d’Israël en France de 2000 à 2002. Il dirige le comité scientifique du Musée de l’Europe, à Bruxelles.

Art-icle expiré par Barbara pour Moodsto©k

 

Morceaux choisis

« Vous croyiez Dieu mort et enterré, ou du moins définitivement chassé de l’espace public. Dans le fracas des bombes et la lueur des incendies, les processions haineuses et les imprécations de ses porte-paroles autoproclamés, vous découvrez, effaré, qu’il revient en force, et avec quel éclat »

« En fait, la religion est l’angle mort de votre regard d’Occidental »

« Le relativisme culturel n’est pas mauvais en soi. Il a permis de voir l’homme derrière l’étranger, plutôt que l’étranger derrière l’homme, autrement dit de concevoir l’humanité »

« Ni le judaïsme ni l’islam ne conçoivent la religion comme un domaine distinct des autres formes d’activité sociale, car tous les deux constituent des systèmes totaux, façonnés dès l’origine par une relation particulière au sacré. Ici, pas d’Etat qui précède la « religion », comme dans le christianisme, mais une « religion » qui invente l’Etat pour en faire sa chose, et qui se confond avec lui »

« Avec des bonheurs divers, et des conséquences sociales et politiques diverses, toutes les religions dites du Livre ont connu la tentation fondamentaliste »

« Pour qu’il devienne dangereux donc, il faut que le fondamentalisme, loin de s’abstraire du champ politique, cherche à s’en emparer. Et qu’il s’y emploie par des moyens violents. Bref, il faut que d’irénique, il devienne révolutionnaire »

« Un bon juif, un bon musulman, est celui qui obéit à un ensemble de préceptes ; un bon chrétien est celui qui a la foi    chevillée au corps »

« Le messie des chrétiens est Dieu lui-même, celui des juifs et des musulmans est chef essentiellement politique, humain et mortel. Mais ce qui les caractérise tous est leur capacité à couper l’histoire entre un avant et un après, à transformer le temps profane en temps sacré »

 » Si tous les peuples anciennement colonisés, opprimés, humiliés, massacrés, s’adonnaient au terrorisme international, la vie sur cette terre serait invivable »

« Les Ecritures, toutes les Ecritures, sont des auberges espagnoles, où l’on trouve ce qu’on cherche, c’est-à-dire ce qu’on porte en soi »

« Coran : « Point de violence en matière de religion. La vérité se distingue assez de l’erreur » (2 :257) »

« L’homme a correctement identifié le problème ; mais, esprit borné entouré de brillants idéologues, il a raté sa solution »

« Nous sommes devenus tellement raisonnables, la guerre de religion est si loin de nous, de notre expérience de notre manière d’être au monde, que nous imaginons mal qu’on puisse y sacrifier, mieux, l’appeler de ses vœux »

« La République est bonne fille, elle doit réapprendre à sortir ses griffes. Elle ne doit pas seulement interdire qu’on enfreigne ses lois, elle doit exiger qu’on embrasse son éthique »

« Le combat contre le fondamentalisme révolutionnaire musulman est la grande affaire du XXIè siècle »

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