LA MONTAGNE MAGIQUE – SIMON ALLIX & FLORENCE TRAN

CINEMA / DOCUMENTAIRE

 

“La recherche spirituelle se vit comme une ascension, les chemins qui mènent au sommet sont multiples et de longueurs variables, et ils le sont obligatoirement, car les hommes pensent, comprennent et ressentent de différentes manières.
Si les voies sont diverses, le but, lui est unique”

– Bhumananda

 

Le Mont Kailash est la Montagne Sacrée par excellence. Située eau coeur de l’immense plateau trans-himalayen du Chang Tang, ce joyau des neiges semble être né du Vide Originel. Cette montagne étrangement sculptée comme un diamant ressemble à un instrument des dieux, une pyramide menant vers d’autres mondes célestes et mystérieux. Culminant à près de 6714 m d’altitude, c’est toute la spiritualité d’un peuple qui s’y incarne : celle des Tibétains, du Dalai-lama et vingt-cinq siècles de bouddhisme et de vénération. Sur cette terre purificatrice, empreinte de légendes, deux occidentaux sont partis à la rencontre de cette confrérie spirituelle. Voyageurs-réalisateurs animés chacun par une quête personnelle : Simon Allix y rend un hommage fraternel éternel, Florence Tran, quant à elle est en proie à un profond désir de changement.
Chaque année des centaines de pèlerins bouddhistes, hindouistes, jaïns et böns viennent accomplir ce périple initiatique qui sera le plus important de leur vie, le plus long et le plus douloureux aussi… : 54 kms de marche entre 4600 et 5600 mètres d’altitude. Que va-t-on chercher dans cette région si difficile d’accès ? Pourquoi souffrir du froid, de l’altitude, de la faim, pour simplement tourner autour d’un sommet ?
 Quel secret, quelle énergie ce mont Kailash recèle-t-il pour aimanter ainsi ces milliers d’âmes à travers les âges ?

 

24 jours, entre journal intime et carnet de voyageurs, ce film est une invitation au coeur du temps et d’une géographie sacrée où chaque pierre, chaque lac, chaque bout de rocher a une histoire. Un pari risqué aussi, car si les images sont fortes, c’est quelles véhiculent toute l’adrénaline et l’incertitude de la destination : le contraste naturel entre la laideur de l’occupation chinoise et l’infinie démesure des paysages. Entre couronnées de nuages, nomades croisés sur le chemin, enfants rieurs des villages tibétains et anciens monastères bouddhistes pillés par les autorités chinoises, c’est en quelque sorte, la présence de l’ombre qui rend la lumière plus vibrante.

Un voyage intérieur sur le toit du monde

Dans ce film au ton très personnel et aux images somptueuses, les auteurs nous racontent leur parcours initiatique. Filmer avec l’âme, ils nous font partager le chemin d’une quête existentielle. Un des enjeux du film est de s’imprégner de l’énergie si particulière du lieu, mais aussi de tenter de comprendre pourquoi ce peuple brimé ne répond jamais à la violence subie,… s’en nourrir pour gravir les routes de l’éveil. Les bouddhistes voient cette montagne comme l’axe autour duquel tourne le monde métaphysique. Si on fait sienne cette idée, chaque être humain arpentant ce pèlerinage vient se confronter à soi-même. Axe mystique et pyramide céleste posée sur le toit du monde, il est dit que le Kailash transporte les simples mortels vers un baptême ou une renaissance, vers Dieu ou vers soi. S’il ne bouleverse pas notre conscience, il embellit notre âme. Les voeux déposés ici revêtiraient une portée universelle. C’est aussi là que Simon choisis d’enterrer les effets personnels de son frère et de “ne plus être aspiré par l’autre côté, être entier là où je suis », tel est son souhait.

La mort a toujours été ressentie par l’homme comme un mystère douloureux, un événement tragique, voire un scandale. Notre société en a même fait un tabou : on la passe sous silence, on évite de la montrer, on tente de l’oublier. Qu’est ce que le temps du deuil ? Les rites du souvenir ? Comment célébrer l’absence avec la ferveur et l’énergie de la résilience ? Des images fortes, tant par la beauté du paysage que par la spiritualité qu’elles transmettent…
La Montagne Magique a reçu le prix special du jury au festival international du film archéologique à Rovereto (Italie), le prix de la realisation et de la technique au festival international du film d’aventure de Val d’Isère et le prix du jury au festival international du film d’aventure de Dijon. A travers son livre, Carnets du Kailash, Simon Allix nous fait également partager 10 ans d’aventure, de communion avec la nature et les hommes, de découverte et de confrontation culturelle. De quoi poursuivre le voyage, en soi.

Art-icle expiré par Barbara pour Moodsto©k

VOIR LE FILM : Cliquez ici

 

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LES REALISATEURS

Simon Allix

Simon Allix


Simon ALLIX

Graphiste et voyageur depuis l’enfance grâce à un père géographe, explorateur et peintre, Simon Allix parcourt le globe depuis l’âge de 16 ans. A tout juste 30 ans il avait déjà dix ans d’aventure au long cours derrière lui. Ses nombreuses immersions sont l’occasion d’aiguiser son sens de l’observation tout en s’adonnant au dessin, à la conception graphique, et à la réalisation de films documentaires dont il fait son métier, mêlant sans cesse réalité et imaginaire. Membre de la Société des Explorateurs Français, Simon est aussi illustrateur pour la presse spécialisée : Vanity Fair, Culte(s), Canope, VSD, Grands Reportages, Aventure, Géo, Inexploré ou l’Oeil…, directeur artistique pour des agences de publicités (DDB), ainsi que dans l’industrie cinématographique. Enfin, son talent artistique s’exprime également dans le domaine de l’édition à travers de nombreux ouvrages avec l’astronaute Jean-Pierre Haigneré, le cinéaste Jan Kounen, en passant par les écrivains Frédéric Beigbeder ou Bernard Werber.

www.simonallix.com


 

 

Florence Tran

Florence Tran

 

Florence TRAN
Avant « La Montagne Magique » Florence avait réalisé deux autres films dans l’Himalaya. L’un sur une danse sacrée au Bhoutan, une forme de méditation en action à laquelle sont initiés les moines bouddhistes dans des montagnes reculées. Un autre film retraçait les aventures de Tintin au Tibet, explorant les coulisses de l’album d’Hergé, à un moment de sa vie où il traverse une profonde crise existentielle, où Hergé se voit poursuivi dans ses rêves par des démons blancs! Après son expérience au mont Kailash, Florence est partie vivre en Egypte où elle a suivi la révolution de l’intérieur pendant 3 ans. Des extraits de ses films sont visibles sur cette page.

http://vimeo.com/florencetran