DALI, LE DIVIN SCANDALE (Dossier Part. II)

Monntres Molles

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Le personnage, troublant, fait parfois oublier l’important travail du peintre. Certaines de ses œuvres minuscules témoignent d’un véritable talent de miniaturiste. La Renaissance italienne fut pour Dali une référence permanente et indispensable. Fervent admirateur de Leonardo de Vinci, « je suis comme Leonardo, je veux tout savoir, mettre les choses en relation est ma préoccupation constante », il porta longtemps Raphaël au pinacle, proclamant qu’il était le seul contemporain à le comprendre, mais également Velasquez dont il adopta la moustache si emblématique. Cependant, il fait de Paul Cézanne son principal souffre douleur en décriant sa médiocrité, avant de s’en prendre à l’ensemble des peintres modernes, déclarant « il est tout à fait normal que lorsqu’on ne croit à rien, on finisse par peindre à peu près rien ».

La notion de « double » fut centrale chez Dali, tant dans sa peinture que dans sa vie. Celle-ci trouve son origine dans la mort précoce de son frère aîné, se poursuivra avec son alter ego, Gala, et se muera en une opposition chez un personnage simultanément agnostique et catholique romain. Enfin, Dali use de nombreux symboles afin de rendre plus prégnant le message de sa peinture, inscrivant le contraste d’une enveloppe dure et d’un intérieur mou au centre de sa pensée et de son art. Ce contraste s’accorde avec la conception psychologique selon laquelle les individus se fabriquent des défenses autour d’une psyché vulnérable.

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Décrypter son œuvre requiert la maîtrise des symboles daliniens suivants : anges, béquilles, éléphants, escargots, fourmis, montres molles, œuf, oursins, pain, paysages, tiroirs et Vénus de Milo. 

Dans les années 60, Salvador Dali et Gala se séparent peu à peu. En 1965, il fait la connaissance d’Amanda Lear qui deviendra rapidement sa nouvelle égérie. Trop souvent considérés comme mineurs dans sa carrière, « Performances et happenings » opèrent comme un laboratoire à ciel ouvert. Dalí est toujours plus prolifique : il écrit et illustre des livres, conçoit décors et costumes pour des opéras, tourne des films, élabore de nouvelles théories, sculpte, dessine, crée des bijoux et des meubles, mélange techniques artistiques, son génie n’a pas de limites dans l’art. En 1974, Dalí inaugure le Teatro Museo Dalí à Figueras en Espagne. Cet événement sera suivi de rétrospectives à Paris et à Londres jusqu’à la fin de la décennie. Après la mort de son épouse, Gala, en 1982, la santé de Dalí commence alors à décliner. À la suite de l’incendie de sa maison en 1984, il fut brûlé et, dès lors, son état de santé se détériore. Il meurt le 23 janvier 1989.

Il y a une chose très significative et qui ne trompe pas, c’est que les enfants l’aiment. Et Dali d’ajouter : « Ah mais une chose est certaine, c’est que moi j’ai horreur des enfants….Mais ! il y a une chose que je déteste encore  plus que les enfants, ce sont les dessins des enfants ». Voilà qui est dit.

Dali demeure un continent obscur et fascinant, à voir absolument !

 Art-icle expiré par Barbara pour Moodsto©k

 

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BONUS 

Parce qu’on ne se lasse pas de l’écouter, voici un best off des ses déclarations :

Entrevue du peintre Dali en Français ½ (1958)

Dali et la musique (1970) 

Salvador Dali : le goudron et les écrevisses (1971)

Propos de Salvodor Dali sur l’argent (1961) 

 

 

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