CRAZY INDIA (Part. 2) : TAJ MAHAL and others blessings

VOYAGES

 

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Taj Mahal © Moodstock

In the name of love…

La perle blanche de l’Inde est considérée comme le plus grand joyau architectural de l’art indo-islamique. Celui que l’on décrit comme « une larme sur le visage de l’éternité », révèle sa fascinante beauté sur la rive sud du fleuve Yamuna, près d’ Agra (Etat d’Uttar Pradesh, à 200 km de Dehli). Cet immense mausolée funéraire de marbre blanc fut édifié entre 1631 et 1648 sur l’ordre de l’empereur moghol Shah Jahan en mémoire de sa défunte épouse, morte en donnant naissance à son quatorzième enfant. Le monument devait dépasser en beauté tout ce qui avait été construit jusque-là. Ce chef-d’œuvre possède des qualités d’exécution et de conception exceptionnelles.
Au total, 20 000 ouvriers et artisans d’Inde et d’Asie centrale participèrent à sa construction. On fit appel au savoir-faire Européen pour concevoir les délicats treillis de marbre et les panneaux en pietra dura, fait de milliers de pierres précieuses incrustées dans le marbre. En 2002, après avoir été progressivement sali par la pollution urbaine, il a retrouvé sa splendeur grâce à une ancienne recette de masque de beauté, le multani mitti – un mélange de terre, de céréales, de lait et de chaux, utilisé ordinairement par les femmes indiennes pour embellir leur peau. Pour y pénétrer, vous êtes invités à revêtir de magnifiques « charlottes de pieds » en papier (ambiance bloc opératoire) ou à vous y aventurer pieds nus. Un excès de zèle aussi rare qu’inattendu de la part des Indiens, appréciable, ma foi ! 56 m de haut…, petit effet « tour de Pise », je dois bien admettre au premier coup d’oeil, je m’attendais à un bâtiment un peu plus imposant. Sentiment très vite évacué par la beauté du site, c’est époustouflant. Bien que la ville d’Agra ne soit pas des plus « friendly » (une journée sur place est amplement suffisante), on comprend aisément pourquoi le Taj Mahal demeure un des chefs-d’œuvre universellement admirés du patrimoine de l’humanité. A ne pas manquer !

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Le poids de la confusion…

38°C à l’ombre…: 24h sur place à Agra auront eu raison de ma patience. L’ambiance, bien trop commerciale à mon goût, commence à m’ankyloser le moral, il est temps de reprendre la route. Sur le parking du Fort-Rouge, mes 30kg de chargement suffisent à attirer tous les « rickshaw drivers » de la place et quelques cyclo-pousses téméraires…
Lorsqu’il s’est approché de moi, tout frêle de ses 45 kg et de son vélo bancal, l’oeil volontaire et déterminé, j’ai d’abord pensé qu’il était simplement curieux. Dix minutes plus tard, nous voilà partis… sous un soleil de plomb, direction la gare ferroviaire où j’espère pouvoir trouver un billet immédiat pour le Rajasthan. Le premier kilomètre, sur terrain plat, se passe sans encombres, même si le « complexe colonial » me gagne au fil des mètres avalés par ce jeune indien bien courageux. Epiée par le traffic, embarrassée de ma blondeur et de mon pigment, j’ai le sentiment d’être la reine du Danemark en partance pour le Palais Royal. Solitude… Pendant que mon valeureux cycliste attaque la montée, debout sur ses pédales et que les voitures nous doublent à vive allure, je réalise peu à peu l’absurdité de la situation et me sens prisonnière des contradictions de l’Histoire.
Le voilà qui descend maintenant de son vélo au feu rouge, au milieu d’un flot de véhicules indisciplinés, pour rafistoler son pneu à l’aide de son chewing-gum… J’ai calculé que le prix de la course (80 roupies / 90 centimes d’euros) lui permettra probablement de se financer à diner dans la soirée, guère plus. J’ai pourtant dans mon sac de quoi lui permettre d’acquérir un nouveau vélo, de faire réparer son pneu, de remplacer son pantalon écorché, une boite de gâteaux pour agrémenter sa journée, une bouteille d’eau… Comment ne pas vexer le bonhomme, dont le regard reflète la résignation de celui qui est né dans la mauvaise caste ? Notre arrivée à la gare 25 minutes plus tard signe enfin la fin de son calvaire. J’ai l’estomac rétréci de honte et laisse ce jeune homme à sa sueur et à sa condition, la nuque nouée de confusion, allégée certes d’un billet de 100 roupies, mais profondément triste…

 Art-icle expiré par Barbara pour Moodsto©k

 

 

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Smiling children : India’s most valuable asset

Taj Mahal – « Lovin in my baby’s eyes »


Photos by Moodstock

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« INDIAN MOOD … »

Movies
– « Slumdog Millionaire » by Danny Boyle (2008) : trailer
– « Dev D » by Anurag Kashyap (2009) : trailer
– « Madharasa Pattinam » by A.L. Vijay (2010) : trailer

Music
« Rang Lo »- Vidya Vandana & Shankar Tucker : listen
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« Aaj Jaane Ki Kia Na Kao » – Shankar Tucker ft. Rohini Ravada : listen
- « Sapnon se Bhare Naina » – Shankar Tucker ft. Rohini Ravada : listen
- « Thuli Thuliyaai » – Shankar Tucker ft. Vandana Srinivasan : listen

Books
« Shantaram » – Gregory David Roberts
– « The God of small things » – Arundhati Roy
– « La Cité de la joie » – Dominique Lapierre