ANDRE AGASSI : OPEN

LITTERATURE

« J’ai sept ans et je parle tout seul parce que je suis effrayé et parce que je suis le seul qui veuille bien m’écouter. Je murmure entre mes dents. Abandonne, Andre, laisse tomber. Pose ta raquette et va-t’en de ce court, immédiatement ».

Ecrit avec l’aide du journaliste J.R. Moehringer – (Prix Pulitzer) Andre Agassi se livre ici sans concessions ni masque, sulfureux parfois, humain surtout. Contraint dès la maternelle à s’entraîner des heures interminables sous un soleil de plomb, il apprend à haïr le tennis au rythme incessant des projectiles du « dragon », diabolique canon à balles que son père a installé dans le fond du jardin. De son enfance à Las Vegas sous l’œil obsessionnel de ce père violent, aux stages commando à l’Académie Nick Bollettieri, on l’accompagne dans ce parcours chaotique : rébellion, matches décisifs et incisifs, addictions, conquêtes sentimentales,  dépression … jusqu’à sa résurrection en 1999. Un terrain miné où insatisfaction et perfectionnisme se renvoient la balle en permanence. De cette profonde contradiction naîtra l’un des tennismen les plus doués de sa génération. Chronique d’un recalé du système scolaire américain devenu une idole incomprise, véritable icône des années 80 : cheveux colorés, oreilles percées, look punk et affriolant, il électrise les foules. Avant sa victoire libératrice à Roland Garros, Agassi se trouvait proche du gouffre : « J’ai été obsédé par ce tournoi pendant les dix dernières années, je ne supportais pas l’idée de l’être pendant les quatre-vingts prochaines années, raconte-t-il au présent. Si je ne gagne pas ce truc maintenant, je ne serais jamais heureux, véritablement heureux, jamais. » (Le Monde). Brandissant enfin le graal tant convoité, l’infatigable mercenaire respire enfin à plein poumon, de l’autre côté du filet, Steffie Graf se défrise peu à peu…

Doté d’un esprit vif et aiguisé, le « kid de Las Vegas » décrypte ici tous les excès qui ont jalonnés son parcours avec une sincérité désarmante et évoque ceux qui l’ont ramené à la vie, son coach, son frère et Steffie Graf, qui l’a aidé à devenir l’homme qu’il est aujourd’hui. Plutôt grande gueule concernée que belle gueule à succès, on s’attache sans mal à ce personnage tant sa foi et son engagement en dehors des courts sont édifiants. De sa rencontre avec Nelson Mandela à la création de l’Andre Agassi College Preparatory Academy, une fondation qui a déjà récolté à ce jour plus de 82 millions de dollars au profit des enfants défavorisés dans le monde entier, cette biographie est à l’image de son jeu, pleine de caractère, de talent, de force et de vérité. Un livre saisissant qui vous transforme et vous élève au fil des pages comme un ami sincère vous change au grès du temps. Magistral, Agassi inscrit un ultime point gagnant, coiffant la terre battue, long line : empreinte d’une foi percutante. Quand vient la dernière page on se sent orphelin… Portrait inédit d’un homme qui a choisi d’utiliser son succès pour changer le monde.

 Art-icle expiré par Barbara pour Moodsto©k

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Andre Agassi on his biography

 

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Morceaux choisis :

« What makes something special is not just what you have to gain, but what you feel there is to lose »

« It’s no accident, I think, that tennis uses the language of life. Advantage, service, fault, break, love, the basic elements of tennis are those of everyday existence, because every match is a life in miniature »

« Only boxers can understand the loneliness of tennis players – and yet boxers have their corner men and managers. In tennis you’re on an island. Of all the games men and women play, tennis is the closest to solitary confinement….»

« There are many ways of getting strong, sometimes talking is the best way »

« Plan your work – work your plan. To be inspired – that’s the secret »

« Now that I’ve won a slam, I know something very few people on earth are permitted to know. A win doesn’t feel as good as a loss feels bad, and the good feeling doesn’t last long as the bad. Not even close »

« Big dreams, are so damn tiring »

« I’ve been cheered by thousands, booed by thousands, but nothing feels as bad as the booing inside your own head during those ten minutes before you fall asleep »

« There’s a lot of good waiting for you on the other side of tired. Get yourself tired »

« Even if it’s not your ideal life, you can always choose it. No matter what your life is, choosing it changes everything »

« Sex doesn’t interfere with your tennis; it’s staying out all night trying to find it that affects your tennis »

« Freed from the thoughts of winning, I instantly play better. I stop thinking, start feeling. My shots become a half-second quicker, my decisions become the product of instinct rather than logic »

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Pour ceux qui auront apprécié le livre, voici un petit bonus Moodstock, séquence émotions…